Gestion de patrimoineInvestissements passion : automobile, vin et art

1 avril 2026

Investissements passion : automobile, vin, art… Est-ce pertinent ?

Chez Battiston Violeau & Associés, les sujets qui reviennent le plus souvent en gestion de patrimoine tiennent en quatre mots : risque, performance, diversification et transmission. Et si la diversification s’appuie classiquement sur des placements financiers ou immobiliers, elle peut aussi, quand elle est bien cadrée, passer par des investissements “passion”.

Et certaines passions parlent particulièrement à des membres du cabinet – l’automobile, les vins, les objets d’art (avec un clin d’œil à l’univers de la collection, par exemple autour de Tintin, cher à certains passionnés).

 

La question que l’on nous pose souvent est simple : “Puis-je investir dans ce que j’aime sans perdre d’argent… et transmettre à la fois le patrimoine ET la passion ?

La réponse est « oui, mais pas en improvisant« .

Un investissement passion n’est pas forcément “gagnant” au sens strict. Mais il n’est pas forcément perdant non plus : il peut rapporter ne serait-ce que par le plaisir qu’il peut procurer. Comme en finance, c’est un investissement “conviction” mais avec le plaisir en plus.

 

 

 

L’investissement passion, c’est comme la finance… en plus vivant

 

Lorsqu’on investit sur les marchés financiers, bien souvent les investisseurs se positionnent “par conviction” : ils croient à un secteur, à une entreprise, une thématique… et parfois ils ont raison, parfois ils se trompent.

D’une certaine manière, l’investissement passion peut fonctionner de manière similaire :

  • on investit dans un objet, dans sa passion, parce qu’on y croit, parce qu’on aime, parce qu’on comprend l’univers,
  • mais on peut aussi se tromper (tendance, état, rareté, liquidité, coûts, mode…).

 

Différence majeure : même si la performance financière déçoit, il reste le plaisir d’usage, de possession, de culture et de transmission.

Dans ce type d’investissement, il ne faut pas se trompe d’objectif. Comme en finance, il est souvent hasardeux de parier, il est plus pertinent de structurer pour que la passion ne déséquilibre pas le reste du patrimoine.

 

La règle d’or : diversifier sans se fragiliser

 

Un investissement passion est bien souvent un actif réel (voiture, bouteilles, œuvre/objet) :

  • il peut donc être illiquide (revente non immédiate),
  • il peut porter des coûts récurrents (assurance, stockage, entretien, expertise),
  • sa valeur est fortement corrélée à sa rareté, sa qualité et sa traçabilité.

Le bon réflexe a adopté pour ce type d’investissement est de prévoir un “budget passion” avec un matelas de trésorerie pour assurer les coûts et l’entretien.

 

Pour que la passion reste un investissement le plus structuré possible, on définit :

  1. une place claire dans l’allocation globale de son patrimoine (pourcentage raisonnable de détention),
  2. un budget de fonctionnement (les coûts réels sur 3 à 5 ans),
  3. un placement de trésorerie dédié aux frais (entretien, stockage, assurance).

Exemple très concret : pour une voiture de collection, prévoir un placement de trésorerie qui finance l’entretien annuel, les pannes imprévues, l’assurance, sans devoir vendre au mauvais moment. Bien souvent ce détail qui fait passer une passion de “risque” à “réel plaisir”.

 

Trois passions, trois logiques patrimoniales

 

1) Automobile : plaisir, rareté… et discipline

L’automobile de collection peut faire sens si l’on accepte 3 réalités :

  • la valeur se joue sur l’état, l’historique, la rareté, la désirabilité,
  • la revente peut prendre du temps (liquidité),
  • les coûts sont structurants (entretien, stockage, assurance, expertise).

Méthode recommandée :

  • acheter avec un dossier (factures, historique, traçabilité, papier),
  • sécuriser la protection (assurance cohérente avec la valeur),
  • prévoir une trésorerie dédiée à l’entretien,
  • et garder une diversification globale (ne pas concentrer trop de patrimoine dans une seule passion).

Une belle mécanique, c’est comme un patrimoine : ça se conserve, ça s’anticipe, ça se suit et ça peut aussi se transmettre.

 

2) Vin : de la passion… à l’investissement structuré

Le vin est un univers passion, mais aussi un univers où :

  • le stockage et la conservation sont déterminants,
  • la traçabilité est clé,
  • la valeur varie selon la rareté, les millésimes, la demande.

Deux approches possibles

A) Collection de bouteilles

Plaisir, culture, transmission… mais attention aux conditions de conservation et à la revente.

B) Exposition plus “patrimoniale” via un GFV

Pour certains profils, l’investissement dans un GFV (Groupement Foncier Viticole) peut être une manière de lier passion et investissement patrimonial :

  • on investit dans un actif lié au monde viticole,
  • avec une logique souvent plus “structurée” qu’une cave constituée au fil des coups de cœur,
  • avec une optimisation des investissements et de la transmission de son patrimoine tout en participant à la production d’un vin,
  • et parfois des contreparties “en nature” (selon les modalités du GFV).

 

3) Art et objets de collection : transmettre une histoire

L’art et les objets de collection (y compris des univers très codifiés comme certaines pièces “pop culture”) ont une force unique : ils se transmettent avec une émotion particulière.

Mais ils exigent une rigueur :

  • authenticité / provenance
  • documentation
  • assurance
  • expertise / estimation périodique
  • organisation de la transmission (pour éviter la vente précipitée faute d’informations)

La transmission d’une collection réussie, c’est souvent une transmission… documentée.

 

Transmettre le patrimoine et la passion : le “mode d’emploi”

 

Transmettre une passion, ce n’est pas seulement “laisser un objet”.

 

C’est laisser :

  • une histoire,
  • un contexte,
  • une valeur (affective et parfois financière),
  • et un cadre pour que les proches ne soient pas perdus.

 

Les 5 réflexes de transmission

  1. Inventorier (liste, photos, factures, certificats, historique)
  2. Valoriser intelligemment (expertise si nécessaire, mise à jour)
  3. Assurer correctement (valeur, conditions, garanties)
  4. Organiser (qui reçoit quoi, comment, pourquoi)
  5. Préserver l’équilibre : ne pas transmettre un actif passion “à problème” (coûts, stockage) sans solution

 

Conclusion : passion, conviction… et méthode

 

Oui, un investissement passion peut être un investissement “conviction”. Comme en finance, on peut avoir raison… ou se tromper. Mais la différence, c’est que la passion peut “payer” autrement : plaisir, usage, culture, transmission. La clé : structurer (allocation, trésorerie, protection, transmission) pour diversifier sans fragiliser. Vous avez une passion (automobile, vin, art) et vous souhaitez l’intégrer à votre stratégie patrimoniale ? Battiston Violeau & Associés vous aide à cadrer la décision, protéger l’équilibre, et préparer la transmission.

 

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement individualisé. Toute décision doit être adaptée à votre situation. Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter.

 

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